Tremens (Hugo Cétive)

Gustav se réveille dans une chambre d’hôpital, sans savoir comment il a bien pu y arriver. Au fil des parties et des pièces, il remonte le temps, non seulement pour retrouver les circonstances de son hospitalisation, mais plus encore pour décrire sa jeune existence et le moment où elle a commencé à basculer. Cette bascule, c’est celle d’une consommation de plus en plus effrénée de drogues et alcools divers et variés, pour des conséquences de plus en plus néfastes et sur sa vie personnelle, et sur sa vie professionnelle.

Rien de nouveau sous le soleil dans ce roman qui conte les excès, l’addiction, la déchéance, à part peut-être que l’auteur, à se vouloir dans la lignée de ceux qui les ont contés avant lui – j’ai en tête Bukowski, qui est notamment cité -, ne parvient pas vraiment à leur emboîter le pas, et ce pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, son grand manque d’autodérision – ou si autodérision il y a, elle est particulièrement maladroite, et manque totalement sa cible de ce fait – : quelle arrogance si sérieuse, de bout en bout, quant au regard de Gustav – de l’auteur semble-t-il – sur les autres, ou sur le monde qui l’entoure, d’un jugement plus que parfois limite d’ailleurs, et souvent très caricatural : tous les poncifs y passent, culturels, sociétaux, raciaux…, de plus en plus gênants au fil des pages.

S’y ajoutent des approximations, des maladresses, sur certains sujets, le meilleur exemple en étant, comme cela l’a déjà été souligné par une lectrice sur Babelio avant moi, le fameux délirium tremens dont serait victime le personnage principal, qui est en fait une crise qui résulte d’un manque d’alcool, et non d’une consommation abusive.

Enfin, le mélange des registres, en soi bienvenu, n’est pas, à mon sens, toujours maîtrisé, donnant lieu parfois à des passages ou scènes intéressants, mais aussi, et le plus souvent, à des passages pesants et très artificiels, surtout dans les dialogues et dans l’utilisation à outrance des langages familier et vulgaire qui manquent vraiment de naturel.

Cependant, la construction narrative, qui oscille entre passé proche, passé plus lointain, et présent, est très intéressante, en ce qu’elle montre de manière percutante la perte de mémoire, le défaut de concentration et la difficulté de Gustav à suivre le fil, d’abord ténu, puis de plus en plus prégnant à mesure que le traumatisme s’atténue, de son passé.

Je remercie Babelio et son auteur, Hugo Cétive, de m’avoir permis de découvrir cet ouvrage, même si la découverte n’en fut pas une franche réussite pour moi. Dommage, car la narration en soi était somme toute intéressante ; or elle ne fait pas tout.

Date de publication : 2021 ; Maison d’édition : Autoédition ; Nombre de pages : 144

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