Classique du mois : Septembre = La métamorphose (Franz Kafka)

Gregor Samsa se réveille un beau matin métamorphosé en cancrelat. Comment ? Pourquoi ? Nous n’en saurons jamais rien, mais nous découvrirons ce que ressent le personnage dans ce nouveau corps, puisqu’il a gardé, dans le même temps, toute son humanité. Nous serons, avec lui, enfermés dans une seule pièce, ou presque, sa chambre ; nous assisterons aux venues ponctuelles de sa sœur pour le nourrir, et de la femme de ménage pour nettoyer son espace de vie ; nous serons aussi face à plusieurs confrontations, toutes plus violentes les unes que les autres, entre Gregor et ses parents, principalement. Car notre personnage, qui vit avec sa famille alors qu’il a déjà un certain âge, en est le chef incontesté : voyageur de commerce, il est celui, et le seul, qui part travailler, avant sa métamorphose, son père ayant des soucis de santé trop importants. Alors lorsqu’il ne peut plus, forcément, travailler, le quotidien confortable du reste de la famille bascule, et son regard sur Gregor avec lui…

Relire La métamorphose, même dans le cadre de l’agrégation, grâce à un chouette programme de littérature comparée sur les fictions animales, fait toujours quelque chose. Je reste en effet toujours aussi ébahie par la capacité de Kafka à nous conter un évènement critique d’une existence, menant ici sur un pan fantastique par cette métamorphose inattendue, sans nous en expliquer les tenants et aboutissants fondamentaux, sans que cela ne gêne le moins du monde à la compréhension et à l’intérêt du récit. Car ici bien sûr, plus que la raison de la métamorphose, ce qui intéresse notre auteur c’est l’incidence qu’elle aura sur Gregor, mais aussi, et plus encore, sur sa famille, qui compte exclusivement sur lui pour vivre. Cette métamorphose, c’est donc non seulement celle du jeune homme, mais aussi celle de ses parents et de sa sœur, qui vont être profondément transformés par l’évènement. Et c’est une métamorphose remarquablement écrite, pas forcément dans sa complexité ou dans sa recherche poétique, mais plutôt dans sa sensibilité, dans sa capacité à décrire, par l’intermédiaire de Gregor, et uniquement de lui – nous sommes en point de vue interne tout du long – le reste de sa famille.

Date de publication originale / Dans cette édition : / 2000 ; Langue originale : Allemand ; Titre original : Die Verwandlung ; Traduction : Marthe Robert ; Maison d’édition : Le Livre de Poche ; Nombre de pages : ???

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