Théâtre du mois : Août => Hamlet (William Shakespeare)

Énième relecture d’une pièce dont je ne me lasserai, je crois, jamais, énième relecture faite, à 4 ou 5 ans d’intervalle de la précédente, de nouvelles perspectives, comme à chaque nouvelle lecture, et c’est pour cette raison que, justement, je ne m’en lasserai jamais, comme si, au fil des ans qui passaient, l’on ne pouvait que l’aborder sous un autre regard, qui nous réserve toujours de nouvelles surprises.

Hamlet, c’est le théâtre de la noirceur, de la cruauté, de la folie, au plus proche des tragédies antiques – du moins celles que je connais -, et c’est ce qui en fait, à mon sens, sa grandeur. Car cette noirceur, de prime abord quasi imperceptible, ne fait que croître à la découverte de la vérité quant à la mort de son père pour Hamlet, prince du Danemark, fils d’une femme qui s’est remariée bien vite au frère de son premier époux pour permettre au royaume de supporter les affronts de divers ennemis concourant au trône. La noirceur grandira d’abord en notre personnage éponyme jusqu’à le mener à la folie, avant de contaminer Ophelia, sa promise, Laertes, le frère de celle-ci, et progressivement, comme tout le royaume. Noirceur du deuil, mais aussi, et plus encore, de la vengeance, qui atteindra chacun, à plus ou moins grande étendue, jusqu’à un dénouement on ne peut plus tragique, si terrible que l’on n’en trouve que peu ainsi.

Mais une pièce de Shakespeare n’en serait pas une sans la petite pointe de légèreté qui atténue parfois la terrible pesanteur de la situation et de certaines scènes, légèreté incarnée ici dans la folie comme douce des deux amoureux, Hamlet et Ophelia, tour à tour maîtrisant le langage poétique et les jeux de mots comme personne, faisant preuve de toute leur intelligence et de toute leur subtilité malgré la confusion de leur esprit causée par la douleur de la perte, intelligence et subtilité finalement aiguisées du fait de cette douleur qui leur fait notamment prendre conscience du caractère ténu et fugace de l’existence humaine. Légèreté désespérée de fait, de celle de ceux qui semblent savoir qu’ils n’ont plus rien à attendre de cette même existence, et qui prend tout son sens lorsque l’on connaît l’histoire de son auteur au moment de l’écriture de cette même pièce.

En somme, un monument de la littérature pour moi, qui n’a pas pris une ride, et que je relirai avec plaisir, de nouveau, dans quelques années.

Date de publication originale / Dans cette édition : 1603 / 2003 ; Langue originale : Anglais (UK) ; Titre original : Hamlet ; Traduction : François-Victor Hugo ; Maison d’édition : Librio ; Nombre de pages : 128

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