Villa Wexler (Jean-François Dupont)

Alors qu’il s’apprête à commencer une nouvelle rentrée scolaire en première, Matthias vit un été comme les autres, dans sa petite ville de province sans histoires. Mais il va vite découvrir que cette rentrée ne sera finalement pas comme les autres, en la présence d’un nouveau professeur de français, M. Wexler, ô combien charismatique et inspirant, installé avec sa famille dans une villa qui prendra, au fil de l’année, des allures de plus en plus mystérieuses. Et plus encore parce que Matthias, en tombant amoureux de Charlotte, camarade de classe et fille de son professeur, va pénétrer dans le cercle fermé de la famille qui deviendra, au même titre qu’Aurore, une autre camarade de classe, son univers, pour le meilleur comme pour le pire. C’est du moins ce qu’il nous raconte, vingt ans plus tard, alors qu’il est de retour dans sa ville natale, et qu’il cherche toujours à comprendre qui sont les Wexler.

Tout comme le narrateur, qui oscille entre les souvenirs de cette année si particulière, du reste de sa vie, et le déroulement actuel de son existence, la narration flotte dans une sorte de réminiscence paradoxale, tout autant agréable que désagréable, dans laquelle l’on a parfois du mal à se situer, cependant la plus à même de nous présenter l’état de confusion dans lequel se trouve encore Matthias au sujet de cette famille qui a bouleversé sa vie, même vingt ans après les faits. Car malgré les années passées, il est toujours sous son emprise, de manière moins insidieuse et directe que son amie Aurore, ce que nous découvrirons au fil du récit, plus précisément sous l’emprise du mythe à la fois lumineux et ténébreux qui auréole le père, surtout, mais aussi sous celui de Charlotte, son premier amour non pleinement accompli qui aura des conséquences sur les relations futures de l’adolescent.

De même, le récit oscille de manière bienvenue entre les genres romanesques, et de fait, les registres : récit d’adolescence dans lequel Matthias nous décrit en détail ses sentiments, ses pensées ; récit d’une enquête qui fait entrer le jeune homme non seulement dans les tréfonds de son esprit, mais aussi ceux d’Aurore, pour enfin connaître, vingt ans plus tard, la triste réalité sur les Wexler ; récit d’amours obsessionnelles, desquels peu est finalement raconté, mais dont l’on ressent toute la puissance, parfois destructrice, au fil des pages. La narration, bien qu’assez brève, est de fait plutôt riche, même si j’ai parfois regretté une certaine économie stylistique.

Roman tout à fait agréable à lire que cette Villa Wexler en somme : je remercie les éditions Asphalte et Babelio de m’avoir permis cette découverte via la Masse Critique de Septembre.

Date de publication : 2021 ; Maison d’édition : Asphalte ; Nombre de pages : 196

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