Les enfants de la Volga (Gouzel Iakhina)

Les enfants de la Volga, comme son nom l’indique, nous conte certes l’histoire des colons allemands venus habiter au bord du fleuve au cours du XVIIIème siècle par l’intermédiaire de Jakob Bach, instituteur de Gnadenthal dans les années 1920-1930, mais aussi comment cette histoire, imprégnée des légendes et de la culture allemandes, vit au gré du fleuve russe qui l’a accueillie, parfois tortueuse, violente, faisant risquer la noyade, parfois au contraire paisible, apaisée, permettant d’y trouver espoir et réconfort. Car Jakob lui-même connaîtra une histoire à l’image du fleuve, s’expliquant par une force vive qui habite en lui depuis toujours, qui trouvera à s’exprimer en sa rencontre avec Klara, jeune fille vivant sur l’autre rive du fleuve à qui il va commencer à donner des cours. Et son peuple lui-même connaîtra la même histoire à l’arrivée au pouvoir des socialistes et de Staline – qui a sa place aussi dans le roman via de courts chapitres ponctuant l’histoire de Jakob -, bien décidé à se débarrasser de cette République autonome allemande instaurée sur invitation de Catherine II il y a de nombreuses années pour unifier l’URSS.

Pour nous conter cela, le roman combine les genres romanesques avec une remarquable réussite, dans une fusion naturelle et poétique qui en fait un tout cohérent, riche et complexe : dans une écriture au plus proche des classiques russes du XIXème siècle se mêlent ainsi la confrontation entre l’Histoire de l’URSS et des allemands de la Volga, entre le refus soviétique des superstitions et religions et le fantastique onirique allemand transmis par Jakob, entre l’amour refuge obsessionnel et le désir d’émancipation et de liberté. Le récit, tout comme ses personnages et les histoires, réelles ou fictionnelles, qu’il nous conte, est de fait, lui aussi, à l’image de la Volga, tout en puissance et en versatilité, tout en profondeur et en beauté antithétique.

Je remercie les éditions Noir sur Blanc et NetGalley de m’avoir permis de découvrir ce roman, et son autrice, Gouzel Iakhina, qui fait désormais partie de mes romancières à suivre. Son premier roman, Zouleikha ouvre les yeux, a depuis rejoint ma PAL.

Date de publication originale / Dans cette édition : 2018 / 2021 ; Langue originale : Russe ; Titre original : ??? ; Traduction : Maud Maubillard ; Maison d’édition : Noir sur Blanc ; Nombre de pages : 512

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