Classique du mois : Novembre => Les Rougon-Macquart 9 : Nana (Emile Zola)

Nouvelle incursion dans la lignée des Macquart, avec cette fois Anna Coupeau, dite Nana, la fille de Gervaise et de Coupeau. Nana, c’est celle qui, bien qu’enfant, avait déjà tous les vices selon le voisinage des Coupeau ; c’est celle que l’on apercevait au milieu des noces de plus en plus terribles de ses parents dans L’Assommoir, jusqu’à leur déchéance, traînant de plus en plus souvent dans les rues telle un Gavroche au féminin, pour éviter la misère, les remontrances, les coups ; c’est celle qui nous apparaît, dans un premier chapitre nous décrivant déjà avec férocité le milieu du théâtre de boulevard parisien, sous les traits d’une Vénus de vaudeville qui fait se pâmer d’un désir bestial toute la gente masculine, peu importe sa condition sociale.

Car Nana, plus qu’une actrice, est une cocotte, qui gravira les échelons de la renommée dans son milieu, jusqu’à devenir LA cocotte, celle qui mettra Paris à genoux en devenant la maîtresse des plus fortunés, celle qui fera ainsi les modes, devenant paradoxalement fréquentable, celle qui ruinera et poussera à la mort un certain nombre de ses amants, celle qui, enfin, parviendra, par l’intermédiaire de son sexe – comme le décrit si bien Zola -, à modeler le monde qui l’entoure à tous ses désirs. Jusqu’à, bien sûr, sa déchéance typiquement zolienne, qui ne rendra sa chute de son piédestal parisien qu’encore plus rude et ironique.

Ainsi, dans ce neuvième roman de la série, le romancier nous peint sans vergogne, dans un entremêlement des corps, dans une profusion de nourriture et de boissons poussant à l’indigestion – comme un rappel au Ventre de Paris ou à L’Assommoir -, ou encore d’argent, de billets de gage, d’emprunts, qui circulent de main en main, le milieu des courtisanes, quasi fusionnel avec celui du théâtre, dont Nana sera justement la charnière exemplaire. Rien ni personne n’est épargné – courtisanes, amants, acteurs et actrices, journalistes… – et le ton du romancier devient plus encore acerbe que dans les tomes précédents, faisant poindre, dans chaque description, dans chaque scène, dans chaque évènement, toute l’hypocrisie et la démesure ayant cours dans ces univers qu’il connaît bien.

Pour une relecture, elle fut tout autant appréciable que la précédente. Toujours un plaisir de redécouvrir des tomes lus il y a fort longtemps !

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